Changement du cordage (ou des coulants, ou des cercles) d'un Tambour (de Musique, instrument d'ordonnance)
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Dans tous ces cas, ou si l'on veut par exemple poncer, revernir, repeindre les cercles, il faut bien sûr repasser complètement le cordage, ce qui ne l'est pas pour un simple remplacement de peau.
Vue d'ensemble des éléments du Tambour : (photo 1)
- le fût avec les peaux, et les timbres décrochés
- les deux cercles de serrage
- les onze coulants
- la patte d'attache avec son crochet
- le cordage de remplacement.
On pose les cercles sur le fût, le crochet de détour du cercle inférieur est aligné avec le déclencheur (ou le tire-timbres) ; on peut déjà faire passer les timbres dans les évidements prévus à cet effet ; le cercle de serrage supérieur, identique sur tout son pourtour, n'a pas d'emplacement défini, les trous doivent seulement se trouver en quinconce par rapport à ceux du cercle inférieur (l'alignement précis définitif se fera plus tard). (photo 2)
Pour passer le cordage, l'essentiel est de bien débuter, c'est pourquoi les explications sont ici très détaillées et le paraîtrons sans doute trop pour quelques lecteurs, mais mieux vaut trop que pas assez.
On part du deuxième trou à droite compté à partir du déclencheur, et on enfile le cordage en sortant vers l'extérieur, comme indiqué sur la photo.
Nous avons pu constater que cette règle, ancienne (on la trouve dans les Méthodes du début du 20° siècle) n'est plus systématiquement suivie. Elle est guidée, comme souvent, par un côté pratique. La patte d'attache va se situer ici. Et ce premier "brin" de cordage sera généralement le plus "dur", le plus tendu. Si l'on débutait par le premier trou, la patte d'attache se trouverait sur le dernier "brin", en principe le moins tendu, même si on égalise les tensions à la fin. Et, tous les instrumentistes pourront le confirmer, le coulant correspondant aura tendance à remonter (détendre le cordage) pendant la marche, ce qui ne se produira pas si l'attache est sur le premier "brin". Débuter au deuxième trou est le fruit de l'expérience.
(photo 3)
On tire l'ensemble, et on enfile le bout du cordage à l'intérieur de la boucle. (photo 4)
On passe dans le premier coulant, puis dans le cercle supérieur, dans le sens rentrant, et dans la direction rapprochant du déclencheur. (photo 5)
On passe à nouveau dans le coulant (photo 6), puis dans le cercle inférieur, dans le premier trou à droite du déclencheur, donc, et toujours dans le sens rentrant. Il n'e s'agit pas encore de tendre le cordage, mais de le tirer simplement pour maintenir les éléments en place. (photo 7)
En principe, la patte d'attache est "ouverte" et peut donc se mettre à la fin. Si ce n'était pas le cas, c'est là qu'il ne faut pas oublier de passer le cordage dedans, comme sur la photo. (photo 8)
On continue
, coulant, cercle supérieur, coulant, crochet de détour (photo 9), coulant, cercle supérieur, coulant, etc. (photo 10)
10°
Avec l'habitude, on peut tenter le montage "en l'air". Cela est (un peu) plus rapide, mais aussi plus "risqué" : il est facile de croiser le cordage par inadvertance, surtout au départ, et il faut régler à l'œil l'écartement des cercles. (photo 11)
11°
Voici le résultat du cordage passé entièrement, la fin se faisant dans la boucle de départ. (photo 12)
12°
À ce moment, on vérifie la position exacte du cercle inférieur, par rapport aux timbres, on le tourne légèrement si nécessaire. Puis on descend quelques coulants pour faire de même avec le cercle supérieur : les brins de cordage doivent être perpendiculaires aux plans des cercles et peaux. (photo 13)
13°
Il convient maintenant de tendre le cordage, on commence bien sûr par le premier brin, comme sur la photo. (photo 14)
14°
Puis on continue en tournant, brin après brin. (photo 15) (photo 16)
15° On termine
en tirant à travers la boucle et en faisant un tour pour l'arrêtage. (photo 17)
16°
Et… l'on recommence. Il faut souvent au moins deux, voire trois tours de tension. À chaque fois, on peut "gagner" un ou deux centimètres.
17° On continue en passant la longueur restante comme indiqué.
On voit parfois certains Tambours avec le "tour anglais", jamais chez les professionnels. Cela a deux inconvénients majeurs : 1°) le cordage est alors bridé, l'empêchant de "jouer" tout autour du Tambour ; 2°) il est impossible de descendre les coulants plus qu'à mi-hauteur environ, l'angle étant trop ouvert, et cela abîme prématurément ces pauvres coulants écartelés.
(photo 18) (photo 19)
18°
Personnellement, je ne termine jamais sans égaliser la tension de tous les brins de cordage, en commençant cette fois par le dernier, et en tournant donc "à l'envers".
19°
Il ne reste plus qu'à tendre, jouer et donc tester le Tambour. (photo 20)
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