Les Tambours de la Famille VIGNON english version - galerie photos

Génération

 

Jacques

1855-1926

Jean-Claude

(photo) 1870-1945

 

 

 

 

 

 

Génération

 

 

Antoine (photo)

1900-1967

 

Gustave (photo)

1905-1981

 

 

 

 

 

Génération

 

 

Robert (photo)

1927-1985

 

 

 

 

 

 

 

Génération

 

 

Philippe (photo)

1954

 

 

 

 

 

 

 

Génération

 

 

Luc (photo)

1993

 

 

Historique

Jacques VIGNON (1855-1926)

Fils d'Antoine et de Jeanne-Marie, née elle aussi Vignon, tous deux originaires du village de Sainte-Agathe-en-Donzy, près de Feurs. Ils élevèrent six enfants dans une ferme du hameau de la Sauvetey, à Chirassimont. Ces enfants allèrent pour la plupart s'établir sur Panissières, un gros bourg en altitude au-dessus de Feurs, où l'on trouve de nombreux descendants de la famille. Dans cette branche, la tradition "Tambour" ne s'est pas maintenue. Jacques (qui a vécu à Montchal) est le premier Tambour connu de la famille. On ne dispose que de peu de renseignements sur son apprentissage, effectué dans une Musique régimentaire (votre serviteur ayant connu deux de ses fils, Claude et surtout Joannès, ce dernier "interrogé" en 1980, resta sur le sujet sans souvenirs ni réponse). Jacques était renommé comme étant une "bonne caisse", ce que la suite de notre histoire semble démontrer. Agriculteur, il travailla dur pour laisser un "domaine" (une ferme) à chacun de ses quatre enfants.

 

Jean-Claude VIGNON (1870-1945) (photo)

Frère cadet du précédent, auquel il dut son apprentissage du Tambour, sans doute un peu avant de partir au service militaire qu'il effectua (trois ans) au 152° régiment de ligne de Gérardmer, dans les Vosges. Trois semaines seulement après son incorporation à la Musique régimentaire, il fut nommé caporal-instructeur pour les Tambours. Ses capacités techniques proviennent donc en totalité de la famille, à Chirassimont, et non pas de la Musique militaire, ce qui est remarquable. Bien peu de provinciaux devaient alors posséder ses compétences techniques qui lui permettraient encore de nos jours de prétendre à une carrière professionnelle. Sa qualité de frappe et son endurance étaient légendaires et c'est depuis cette époque que la suprématie de la famille Vignon pour ce qui touche au Tambour est reconnue et admise dans la région. Il exerçait surtout ses talents lors des manifestations liées à la conscription, et aussi pour les processions religieuses, nombreuses à l'époque. Il pratiqua jusqu'à l'âge de 72 ans. Il fut tout naturellement l'un des fondateurs de la Batterie-Fanfare l'Indépendante de Chirassimont voir l'Indépendante , en 1931.

Jean-Claude (dit souvent Jean) mit en pratique son esprit vif et ingénieux dans des activités multiples et simultanées voir carte commerciale : horloger, réparateur de machines à coudre et en tous genres, marchand de chapeaux, bourrelier, tisseur. Il posséda plusieurs motocyclettes et l'une des toutes premières automobiles du village (une Chenard-et-Walcker). Les trois marches pour Tambour qu'il rapporta de son régiment, qui sont devenues "Marches de Chirassimont" figurent toujours au répertoire des Tambour de l'Indépendante et ne sont, à ma connaissance, jouées nulle part ailleurs. Son tambour (photo) fait bien sûr partie de la collection familiale, comme tous les autres, et est encore fréquemment joué, avec un réel plaisir voir roulage d'une peau animale.

 

Antoine VIGNON (1900-1967) (photo)

Fils aîné du précédent. Il apprit le Tambour dès son jeune âge et épaula ainsi son père dans les défilés et autres processions de l'après-guerre 14-18. Il acquit rapidement le savoir technique de son père et contribua ainsi efficacement à la continuité de la tradition familiale. Il fut également l'un des fondateurs de l'Indépendante. Il jouait aussi du Violon, accompagnant fréquemment des chanteurs de banquet. Sa belle voix fut entendue tous les dimanche et fêtes lors des grand-messes pendant des dizaines d'années. Véritable artiste, il l'était également sur ses métiers à tisser, trouvant sa satisfaction dans la réalisation d'articles compliqués.

 

Gustave VIGNON (1905-1981) (photo)

Frère cadet du précédent, il apprit, en quelques mois dit-on, le Tambour au moment de la création de l'Indépendante (1931) dont il fut le premier secrétaire. Cet apprentissage tardif (à 25 ou 26 ans) l'empêcha de posséder toutes les qualités des autres membres de la famille. Il hérita par contre de son père l'art de réparer les montres, horloges et autres objets mécaniques. Après avoir cessé sa pratique instrumentale, il continua d'exercer des fonctions à l'Indépendante, comme vice-président, président, et enfin président d'honneur. Il l'encouragea dans ses succès, avec affection, et ses conseils emplis de sagesse furent parfois bien utiles dans les moments difficiles.

 

Robert VIGNON (1927-1985) (photo 1) (photo 2)

Fils d'Antoine. Homme exceptionnel, Tambour d'exception. Ayant commencé tôt d'une façon quasi obligatoire, l'étude du Tambour, il participa au redémarrage de l'Indépendante à la fin de 1944. Il en fut tout de suite l'un des membres les plus qualifiés et actifs, puis toujours l'un des "piliers".

Sa technique très affirmée le fit remarquer au début des années cinquante par un responsable régional de la Fédération Sportive et Culturelle de France (Monsieur Félix Ferrière, de Tarare). Cette Fédération venait de placer à la tête de la commission musicale Monsieur Robert Goute, jeune Tambour-Major de la Musique de l'Air de Paris, qui entouré d'une équipe fidèle, entreprit de se déplacer annuellement dans les régions, pour organiser des concours individuels destinés aux instrumentistes de batterie-fanfare. Mon Père fut l'un des premiers à profiter de ces opportunités pour travailler et gravir tous les échelons jusqu'au titre de Premier Grand Prix Fédéral au Concours national de Mâcon en 1960.

Il commença alors une inlassable carrière de professeur. D'abord à Chirassimont, où le rang de jeunes Tambours se distingua nettement, loin à la ronde, et contribua pour une bonne part aux succès de la Batterie-Fanfare dans les Concours, lui permettant d'obtenir les nombreux prix ascendants qui la classent au sommet de la hiérarchie, c'est-à-dire la division d'honneur. Maintes sociétés de Musique ont pu profiter de son savoir, à travers des cours qu'il assurait avec régularité et persévérance et une inégalable faculté d'adaptation aux conditions et particularités locales. De nombreux Tambours lui doivent aujourd'hui leurs connaissances, qui ont permis à certains d'en faire profession.

Ses qualités l'ont appelé dès le début des années soixante à exercer des fonctions de juré, dans des examens ou concours régionaux ou nationaux, charge qu'il assumait toujours avec une justesse et une probité reconnues. Cela occasionnait souvent d'importants déplacements, ce qui nous procurait je dois dire un plaisir certain, à une époque où cela était beaucoup plus long et plus rare qu'aujourd'hui.

Sa disparition rapide et prématurée, alors qu'il présidait aux destinées de l'Indépendante, laissa bien sûr un grand vide en chacun, et ils sont nombreux, ayant bénéficié de ses compétences et de son dévouement.

Ph.V. 1986-3-20

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