Propos de peaux
tiré du bulletin n° 99 des Tambours de 89 : École française du Tambour

Au moment où il est prévu la définition d’un modèle de tambour « labellisé » (voir les articles sur le sujet), il peut sembler anachronique, voire incongru, d’écrire un billet concernant les peaux, les peaux différentes. Cependant, on doit raisonnablement penser que le choix qui sera finalement retenu dans ce domaine ne conviendra pas à tous les instrumentistes, pas plus qu’il serait inconcevable d’imposer à un cuivre un numéro d’embouchure, par exemple.
Pour en revenir à notre sujet, je voudrais vous parler ici spécialement des peaux animales (les seules « réelles », car les termes « peau synthétique » ou pire « peau plastique », même si nous les employons tous, sont évidemment impropres).
Le nombre d’instrumentistes-tambours battant occasionnellement ou régulièrement, ou même ayant battu sur peau animale s’est certainement beaucoup raréfié. Pourtant, on ne saurait considérer le montage d’un tambour en peaux animales comme un seul retour en arrière, persistance d’un temps révolu.
Il est incontestable que le plaisir procuré par une bonne peau animale, en termes de toucher, réponse, rendu, est incomparable. Posséder un (ou plusieurs) instrument réservé aux cisconstances, nombreuses tout de même (surtout évidemment en intérieur), où l’on peut utiliser des peaux animales, constitue un privilège certain.
De plus, et pour considérer cela sur un plan plus pragmatique, il est très profitable de travailler le son, la précision, les contrastes, la rapidité, sur une peau animale.
Points pratiques : voir démontage - voir roulage
Avec un peu d’habitude, on choisira une peau de frappe (chèvre ou veau, ce dernier préféré par votre serviteur, car plus « sensible », moins sec) d’épaisseur et de régularité convenables ; de même pour la peau de timbre (chevrette ou veau mort-né). Il faut bien sûr posséder (retrouver ?) des cercles de roulage et … savoir rouler une peau. voir roulage
Je me tiens bien sûr à la disposition de ceux qui auraient besoin de renseignements supplémentaires.
Personnellement, pour me procurer ces peaux, je me rends directement chez le fabricant tanneur-parcheminier : il s’agit des Établissements Dumas à Annonay, où l’on est toujours bien reçu, de préférence sur rendez-vous, où le choix est évidemment le plus large, et où l’on profite d’un contact enrichissant. Vous pouvez visiter le site : http://www.parcheminerie-dumas.com/fr/ et prendre contact.
Une dernière chose : alors que le remplacement d’une « membrane synthétique » standardisée n’occasionne aucune surprise, il est toujours excitant d’attendre le séchage d’une peau animale pour pouvoir enfin la tester, la jouer, l’écouter.  Car à chaque fois cela est différent. Irremplaçable !

Ph.V. 2008-01-25 - mise à jour : 2013-11-26

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