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Cette question existentielle, si elle s'écarte
de nos sujets techniques habituels, mérite cependant
d'être abordée. Elle est traitée ici à travers une
expérience toute personnelle. Les idées reçues associent
généralement "Tambour" et "Batterie-Fanfare".
Et pourtant, en observant autour de nous, en assistant à
des Festivals, des Concerts, des manifestations
populaires de rue (Corsos, Fêtes de village, de
conscrits, etc. …), nous constatons pratiquement à
chaque fois que cette hypothèse n'est pas vérifiable.
Dans notre région (plus ou moins les Monts du Lyonnais,
autour de la petite ville de Tarare), on voit des
Tambours il est vrai dans les Batteries-Fanfares, mais
elles n'en ont pas toujours, et puis elles sont
relativement peu nombreuses à pouvoir se présenter en
public. On trouve des Tambours surtout dans les
Fanfares, Harmonies, autres ensembles instrumentaux, le
plus souvent avec des Clairons, parfois aussi des Cors
(mi bémol, bien sûr), beaucoup plus rarement des
Trompettes dites "de cavalerie". Il y a fréquemment
quatre à six Tambours par Société ou groupe musical.
Pour avoir des éléments concrets, je me suis modestement
retourné sur mes 43 années de cours de Tambour,
de l'année scolaire 1975-1976 jusqu'à 2020-2021, et où
tout a été heureusement consigné.
Ce sont tout de même 204 élèves qui ont
bénéficié (du moins je l'espère !) de mon enseignement.
Pour figurer ici il faut avoir suivi des cours
réguliers, hebdomadaires ou bi-mensuels, voire
exceptionnellement mensuels pour les quelques-uns plus
éloignés, et cela sur au moins une année scolaire. Cet
historique a permis d'établir des statistiques, dont
certaines sont présentées ci-dessous.
A quelques exceptions près, ces élèves sont tous issus
des deux départements de la Loire (42) et du Rhône (69),
très majoritairement dans un rayon d'une cinquantaine de
kilomètres autour du village de Chirassimont. Il ne
s'agit donc pas de sujets choisis ou sélectionnés, mais
bien d'une adéquation avec un bassin de population, très
majoritairement rurale, de quelques dizaines de milliers
d'habitants.
Ils viennent de 28 Sociétés ou groupes musicaux :
10 Batteries-Fanfares, 10 Harmonies, 8 autres ensembles
instrumentaux. On compte 47 élèves féminines (23%),
et donc 157 masculins (77%).
J'ai classé le cursus en cinq niveaux, afin de
constituer et organiser des données intéressantes à
traiter, soit :
Débutants
1° cycle
2° cycle
3° cycle
Cycle Plus (ce dernier niveau étant celui d'une plus
haute récompense, fin de cursus des Confédérations
musicales).
L'identification à un cycle signifie que l'élève en a
acquis, sinon tous, tout au moins la majeure partie des
éléments correspondants, et de toutes façons ceux qui
sont représentatifs et essentiels.
Selon ces critères :
38 élèves (19%) sont restés Débutants (8
féminines et 30 masculins)
119 (58%) ont acquis un 1° cycle (30
féminines et 89 masculins)
26 (12,5%) un 2° cycle (4 féminines et 22
masculins)
11 (5,5%) un 3° cycle (1 féminine et 10
masculins)
10 (5%) le Cycle Plus (1 féminine et 9
masculins), dont 4 l'ayant effectivement confirmé (1
Prix National Fscf et 3 Prix Nationaux Cfbf).
Cette pyramide de niveaux semble correspondre assez bien
à ce que l'on peut constater par ailleurs, et aussi dans
d'autres instruments.
J'ai démarré 127 élèves Débutants, dont
34 féminines.
28 ont commencé à l'âge de 7 à 9 ans
46 : de 10 à 11 ans
17 : de 12 à 13 ans
11 : de 14 à 15 ans
2 : de 18 à 20 ans
13 : de 25 à 39 ans
10 : de plus de 40 ans
Pour 10 d'entre eux, le Tambour était un deuxième
instrument.
Les 77 autres élèves pratiquaient déjà le Tambour, avec
plus ou moins de compétences, parfois mêlées des
inévitables "mauvais plis", en équivalent 1°, 2° ou 3°
cycle. Ils ont rejoint mes cours entre l'âge de 12 ans
et celui de 60 ans.
Les 204 ont travaillé avec moi en moyenne près de 3 ans,
soit de 1 an à un maximum de 11 années.
Il y a eu entre 1 et 29 élèves simultanément par année.
Si l'on met à part la Société de Chirassimont,
premièrement parce qu'elle représente à elle seule avec
58 élèves, 28% du total, et deuxièmement parce que cette
rare Formation E est reconnue comme étant une
Batterie-Fanfare seulement à la Confédération Musicale
de France et à l'Union des Fanfares de France, il reste
donc 146 autres élèves :
20 (10% du total) proviennent d'une Batterie-Fanfare
"classique"
61 (30% du total) d'une Harmonie
65 (32% du total) d'autres ensembles
instrumentaux.
Ces statistiques viennent complètement étayer les
impressions mentionnées au début de cet article.
Et pour enfoncer un peu plus le clou, parmi les 21
élèves ayant à ce jour étudié le 3° cycle ou le Cycle
Plus, seuls 2 sont issus d'une Batterie-Fanfare
"classique", 6 de la Société du petit village de
Chirassimont, et 13 d'une Harmonie ou d'un autre
ensemble instrumental.
On constate une grande diversité des élèves, âge de
démarrage, âge courant, provenance, environnement et
parcours musicaux, buts recherchés, ce qui conduit
inévitablement à adapter l'enseignement, d'une façon
pragmatique, afin de parvenir à tirer le meilleur de
chacun. Une unique manière de transmettre ne saurait
être de mise. Un ouvrage méthodique, au contenu large et
ordonné, constitue un outil précieux.
Le Professeur se doit toujours d'être humble,
observateur, à l'écoute, loin d'une facilité entretenue
par des certitudes ou des théories censées admises par
tous.
Cet article, certes rébarbatif lors de la première
lecture, peut servir de base de réflexion. Il émane de
mon seul "pôle d'enseignement", dans un secteur
géographique restreint. Il ne se prétend donc pas être
une base d'élargissement ou de généralisation.
Cependant, il démontre que les idées reçues mentionnées
plus haut ne doivent pas non plus, et cela même si elles
s'avéraient vérifiées par des données aussi rigoureuses
que celles de cette étude, être retenues comme vérité
universelle.
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